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 show u a shot

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Jón
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MessageSujet: show u a shot   Mar 27 Avr - 16:36

    Je pinçais une dernière fois les cordes de ma guitare et me redressais, emportant avec vivacité le tabouret sur lequel j’étais assis pour l’entreposer à l’une des extrémités de la scène. Tandis qu’en fond sonore m’applaudissaient quelques consommateurs, je consultais l’heure d’un regard fugitif vers l’horloge murale aux allures obsolètes. Il était vingt et une heure quarante sept. Précautionneusement, j’évacuais l’estrade et serrais la main d’un habitué présent tous les jeudi soirs au passage. En déambulant au sein de la foule, je reconnu une amie de mon patron qui me souriait et agitait la main dans ma direction, m’invitant à la rejoindre. En m’approchant d’elle je constatais qu’elle était escortée de quelques unes de ses connaissances, passablement enivrées, et également d’une gamine à l’accent anglais qui répondait au nom de Coleen. Je leur plaquais brièvement quelques bises sur les joues et m’agitais en direction du comptoir de bar, avec l’espoir de pouvoir me récompenser d’une bière, alors qu’une main étrangère se saisit brusquement de mes doigts. D’instinct, je me retournais et plongeais mes yeux dans ceux de la fille que je connaissais. Elle avait une attitude curieuse à présent, comme si elle avait quelque chose à me demander mais qu’elle ne parvenait pas à s’y risquer. D’un haussement d’épaule, je l’invitais à poursuivre.

    « Agnar n’a pas… uhm, comment dire, parlé de moi ces temps-ci ? » Bafouilla-t-elle, gênée.

    « A aucun moment, désolé. » Réalisais-je avec une pointe de commisération à son égard.

    « Ah, je vois. Est-ce que tu pourras, genre, lui remémorer mon existence en lui suggérant de me téléphoner ? » Risqua-t-elle.

    « Ouais, ouais. Pas de problème. » Assurais-je en me demandant dans quelle catégorie d’idioties mon patron s’était encore plongé.

    J’esquissais un mouvement vers la gauche, souhaitant disparaître tandis qu’elle me glissait avec un semblant de franchise une dernière phrase.

    « Au fait Jon, c’était uhm, très cool ce que t’as joué ce soir. »

    Je la gratifiais d’un simple geste empli de courtoisie et prenais enfin la direction de l’endroit où je désirais me rendre depuis au moins quinze bonnes minutes. L’un des sièges disposés devant le comptoir était libre et je m’introduisis entre deux personnes dont je ne prenais même pas la peine de scruter le visage, avant de commander ladite bière, mentionnée précédemment. Une fois qu’elle fut déposée vis-à-vis de moi, je m’autorisais à méditer une seconde avant de la descendre, et en définitive je m’attardais une seconde sur le profil de mon voisin de gauche. Je l’identifiais sur-le-champ.

    « Hé, Franz ? »


Dernière édition par Jón le Mar 27 Avr - 18:25, édité 1 fois
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Franz
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MessageSujet: Re: show u a shot   Mar 27 Avr - 17:43

    Je suis entré dans le bar sans trop savoir ce que je venais y faire. Je me persuadais que je voulais entendre Jón chanter, parce qu'il m'avait vaguement parlé de ses concerts au Graeni Hatturinn Bar, alors qu'il me tatouait « Honey, don't stop ! » dans le bas du dos. Je lui avais répondu que j'avais moi aussi mon groupe, et que putain, il me faisait mal. J'ai souri quand il s'est excusé platement, et à l'entendre, je me rappelais pourquoi je l'aimais. Je viendrais certainement le voir, mais pas pour l'écouter, plutôt pour le regarder s'agiter devant moi, pour le regarder sans avoir l'air d'un obsédé.
    Je me suis assis au bar, et j'ai commandé une bière. Jón était seul sur scène, jouant de la guitare, fixant la salle, souriant à quelques filles qu'il devait connaître. Il ne me vit pas, la salle étant sombre, et je ne tins pas à me faire remarquer. Je l’écoutai vaguement, regardant le barman, étonné de ne m’avoir jamais vu ici. Il était visiblement bavard, ou alors il avait vraiment envie de s’avoir d’où je venais, si j’habitais dans le coin. Devant mon silence, il finit même par se demander si je parlais sa langue, et si je ne m’étais pas perdu à un moment donné. Il avait donc la mémoire assez courte pour oublier que, quelques minutes plus tôt, je lui avais commandé une bière, dans un islandais parfait. Il s’en alla finalement, allant embêter un groupe de jeunes femmes postées devant le bar. Toutes riaient, heureuses de passer la soirée ensemble, se murmurant entre elles que Jón était très beau ce soir. Je n’étais donc pas le seul à le penser.

    Jón a joué pendant un moment, assez longtemps pour que je puisse apprendre par coeur l’étiquette sur ma bouteille de bière. Il a finalement quitté la scène et s’est dirigé vers le groupe de filles que j’avais vu plus tôt. Il parla à l’une des filles, pendant que je sentais la jalousie monter en moi. Métaphoriquement, j’avais l’impression d’être une groupie laissée de côté, ce qui ne m’était pas arrivé depuis une dizaine d’années, quand je n’avais pas encore découvert ma préférence pour les hommes. Une blondinette avait pensé qu’elle pourrait se jouer de moi, me manipuler tant qu’elle voudrait, tant que je l’aimerais passionnément. Elle le savait bien, la vipère, à la différence de Jón qui, en théorie, ne savait rien de mes sentiments pour lui. Heureusement, car sinon, mes visites chez Agnar Tattoos prendraient un tout autre sens, que je préférais garder pour moi. J’aurais dû mal à lui dire « Jón, je t’aime. » sans avoir l’air d’un malade mental. D’un homosexuel, en plus.
    Je regardais ma bière, plutôt que de fixer le groupe un peu plus loin. Je ne savais pas encore ce que j’allais dire à Jón sur les raisons de ma venue. Pourquoi pas tout simplement le complimenter sur sa performance. Ou lui parler de ma douleur à l’épaule, due à mon dernier tatouage. Ou lui avouer mes sentiments, avant de partir en courant.
    Jón s’est finalement assis à côté de moi, commanda une bière, avant de s’apercevoir de ma présence.

    « Hé, Franz ? » Il s’est tourné vers moi, et j’ai fait de même. J’ai souri vaguement, ne sachant toujours pas quelle version des faits j’allais lui servir. « Jón ! hum, j’ai aimé ce que tu as joué. » J’ai marqué une pause. Je n’avais pas envie de parler musique, je n’avais même pas envie de parler. « Ca te dérange si on va dans les toilettes ? J’ai un problème avec mon dernier tatouage, j'aimerais te montrer... »
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Jón
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MessageSujet: Re: show u a shot   Mar 27 Avr - 18:25

    « Jón ! hum, j’ai aimé ce que tu as joué. » Répliqua Franz.

    « Merci. » Articulais-je avant d’avaler une gorgée de ma bière.

    Franz n’était pas un de mes amis les plus proches, cependant, il était plus qu’une simple connaissance. Habitué de ma boutique de tatouages, je le côtoyais de ce fait au moins une fois toutes les semaines et admirais sa conversation. Il n’est pas de ceux qui feignent de s’intéresser à ce que vous dites, ni même de ceux qui font semblant de vous comprendre ou d’être d’accord avec toutes vos convictions, et c’était une qualité que j’estimais. Je me tournais à moitié sur mon siège pour mieux distinguer la scène. J’aperçus le groupe qui me succédait chaque soir se mettre en place, en me remémorant leur façon de jouer que je détestais. Je fis la grimace, et revint à ma bière. Franz ne disait plus rien, et moi non plus, le silence s’installait mais ce n’était pas un mauvais silence. Je ne ressentais aucune gêne, ni d’impatience, et alors je remarquais qu’il était servit lui aussi. Haussant mon verre au niveau de mon visage, je fis un geste qui aspirait à vouloir dire quelque chose comme : ‘à ta santé’, et le reposais dans un bruit mat.

    « Ca te dérange si on va dans les toilettes ? J’ai un problème avec mon dernier tatouage, j'aimerais te montrer... »

    Je tentais tant bien que mal de me remémorer ledit tatouage, mais il fallait que je me rende à l’évidence, je n’avais plus aucune idée de son emplacement. J’arquais les sourcils, ne pouvait-il pas me l’exposer ici ? Puis je réfléchis, et constatais qu’effectivement l’éclairage n’était pas assez puissant pour que j’y distingue quoi que ce soit. Il n’empêchait que je n’avais aucun matériel sur moi et que s’il était effectivement infecté (ce qui ne me surprendrait pas), je ne pourrais pas y faire grand-chose. Néanmoins, j’acceptais.

    « Euh, ça me dérange pas, je te suis, ouais. »

    Abandonnant nos consommations, nous sommes parvenus à nous tracer un chemin entre les clients, et j’ai croisé les yeux de Coleen, l’anglaise, qui m’a gratifié d’un sourire suspect. Arrivés à la porte des toilettes, je le laissais passer devant moi, et m’amusais rien qu’un instant à déchiffrer les inscriptions sur les murs. Des dessins obscènes nous entouraient, et une odeur louche se diffusait. Je fronçais le nez et me tournais finalement vers Franz, dressé juste à côté des lavabos.

    « Excuse-moi, mec, mais tu passes tellement à la boutique que j’ai complètement oublié l’emplacement du tatouage, c’est où déjà ? » L’interrogeais-je.

    Alors que je faisais un pas vers lui, l’une des portes des cabines s’ouvrit à la volée sur une espèce de biker immense que je saluais seulement par politesse. Il sortit de la pièce sans me répondre.
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Franz
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MessageSujet: Re: show u a shot   Mar 27 Avr - 19:28

    « Euh, ça me dérange pas, je te suis, ouais. »

    Un nouveau groupe venait de rejoindre la scène, alors que je me levais de mon siège pour me diriger vers les toilettes. J’ai accéléré le pas quand j’ai entendu les premières notes de Modern Love, j’avais trop peur du résultat. Leurs grosses guitares ne pouvaient que bousiller cette merveilleuse chanson, et je me réfugiai dans les toilettes, dans la lumière, et à l’abri du bruit de la salle bondée. J’avais mal à la tête, j’aurais préféré rester chez moi pour dormir, si je n’avais pas eu envie de voir Jón, et si du même coup, je n’avais pas eu réellement mal à mon épaule.

    Je me suis regardé dans le miroir des toilettes pendant un instant, me demandant qu’est ce qui m’avait pris. Il aurait été plus judicieux d’aller voir un médecin, ou s’il s’agissait bien d’une infection, de prendre du désinfectant et de m’en occuper comme une grande personne. Jón ne me serait pas d’une grande aide, il pourrait juste constater une fois de plus que sa boutique était tout à fait insalubre, et que niveau hygiène, ils repasseraient. Il ne ferait rien d’autre, mais je serais heureux, car dans tous les cas, il aurait posé sa main sur mon épaule et aurait touché ma peau nue. J’aurais toujours mal mais ca me suffirait amplement, de quoi tenir jusqu’au prochain tatouage, dans quelques jours.
    Jón et moi étions face à face, je m’apprêtais à lui dire ce qui n’allait pas, avant qu’il ne prenne la parole.

    « Excuse-moi, mec, mais tu passes tellement à la boutique que j’ai complètement oublié l’emplacement du tatouage, c’est où déjà ? » J’ai souri, pendant qu’il se dirigeait vers moi. Un homme est sorti d’une cabine, et je l’ai à peine regardé, il devait faire une tête de plus que moi. J’avais beau me dire rebelle, c’était à croire que je n’étais qu’un amateur, face aux quelques punks d’Akureyri. Quand il fut sorti de la pièce, j’ai retiré mon t-shirt face à Jón, comme je l’avais fait si souvent. C’était devenu une habitude, et j’avais le torse et le dos presque entièrement tatoués. Il n’y avait aucune gêne entre lui et moi, nous étions devenus presque proches. Nous parlions beaucoup ensemble, pendant les longues heures qu’il passait à me tatouer le corps.
    Je me suis tourné, afin d’être dos à lui. Il était maintenant tout proche de moi, et je m’appuyais sur le bord des lavabos, sous la lumière, afin qu’il puisse mieux voir.

    « Les étoiles, sur l’épaule droite. Ca me fait mal, et la peau est toujours aussi rouge. »


Dernière édition par Franz le Mer 28 Avr - 12:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: show u a shot   Mar 27 Avr - 23:14

    Franz s’est rapidement séparé de son t-shirt afin que je ‘l’ausculte’ et considère les dégâts. Ses nombreux tatouages apparurent sous mes yeux, certains enluminés et rehaussés de couleurs, d’autres austères, en noir et blanc, représentant des visages et des figures religieuses. Presque tous avaient été reproduits sur son corps par mes soins, et les quelques restants, par Agnar. Je m’approchais de lui, tandis qu’il se retournait, ses bras soutenant son poids en s’appuyant sur le rebord des lavabos.

    « Les étoiles, sur l’épaule droite. Ça me fait mal, et la peau est toujours aussi rouge. »

    Ma dernière œuvre me revenant finalement en mémoire, j’esquissais un sourire embarrassé et approchais mon visage des petites enflures écarlates qui constellaient son épaule. Prudemment, je posais mes doigts froids autour de la plaie et tentais de distendre sa peau d’une légère pression. Un rictus contrarié prit place sur mes traits, j’avais pourtant fais attention de bien nettoyer tous les ustensiles, ainsi que le dermographe. J’espérais qu’il ne s’agissait de rien de très grave. Dans l’optique de le rassurer au mieux, j’improvisais des excuses pour le retenir de m’exterminer jusqu’à ce que je lui ai fourni une crème et des désinfectants :

    « Ça va surement passer, il reste encore des parcelles en cicatrisation, c’est tout. Je crois. » Proclamais-je.

    Je pris la peine d’examiner quelques tatouages récents qu’il avait dans le dos pour m’assurer que de ce côté-là tout était en ordre et lui donnait finalement une petite bourrade amicale sur l’omoplate.

    « C’est en ordre Franz. Mais j’ai quand même une question. Pourquoi… pourquoi autant ? » L’interrogeais-je.

    Agnar et moi avions beau être tatoueurs, à nous deux nous n’avions pas autant de tatouages que mon interlocuteur, et j’avais réellement envie de savoir ce qui pouvait le motiver. J’avais déjà pu constater auparavant cette espèce d’insensibilité et d’indifférence chez mes clients lorsque l’aiguille du dermographe s’enfonçait dans leurs chairs, déposant une fine couche d’encre sous l’épiderme. Ils ne réagissaient plus, à force, comme anesthésiés, et je n’avais eu l’occasion de poser la question à aucun d’entre eux jusqu’à présent.

    « Je dis pas que c’est disgracieux ou quoi, parce qu’au contraire, je trouve ça très cool, mais ça t’en fais un paquet maintenant. » Conclus-je.

    Je n’avais jamais pensé à lui demander non plus s’ils avaient une quelconque symbolique pour lui, mais j’aurais parié que c’était le cas, d’après les informations que nous avions échangées sur nos personnalités respectives. Pour plus de confort, je me hissais avec adresse sur les lavabos et m’asseyais sur un rebord, les bras croisés.
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MessageSujet: Re: show u a shot   Mer 28 Avr - 13:43

    Je m’appuyais sur les lavabos, baissant les yeux vers l’un deux, n’osant pas regarder Jón alors qu’il posait ses mains sur mon épaule. J’ai frissonné quand ses doigts froids ont rencontré ma peau, et espéré fort qu’il n’ai rien remarqué. Mais il était trop occupé à examiner mon épaule, à regarder les quelques rougeurs qui perduraient. Ca ne m’était jamais arrivé, ma peau semblait avoir l’habitude, désormais. Mais ca pouvait très bien se révéler grave, je m’en fichais. Il fallait bien que ca arrive et Elma m’avait longtemps prévenu que, à force de me faire tatouer chez Agnar, j’allais me pocher un truc. Elle s’était épuisée à force de me le dire, et je ne l’entendais plus à ce sujet, elle avait dû juger que c’était mon problème si j’étais si têtu.

    « Ça va surement passer, il reste encore des parcelles en cicatrisation, c’est tout. Je crois. » Il a marqué une pause, a regardé mon dos mon dos un peu plus longtemps pendant que je me redressais et me tournais vers lui, mon t-shirt à la main. « C’est en ordre Franz. Mais j’ai quand même une question. Pourquoi… pourquoi autant ? »

    J’ai hésité un moment. Je pouvais lui dire la vérité, c’était peut être le bon moment, nous étions seuls dans les toilettes. Il m’écouterait, me regarderait avec un air dégouté et partirait de la même façon. Je ne doutais pas qu’il soit tolérant, même très ouvert, cependant il n’était surement pas assez homosexuel pour accueillir mon amour à bras ouverts. On avait parlé de filles, quelque fois, et gêné, j’avais balayé le sujet d’un geste de la main. Je n’aime pas tant mentir, ce sont les situations dans lesquelles je me trouve qui m’y poussent. Je mens beaucoup sur mon homosexualité, non pas que je ne l’assume pas, je suis en fait sur que le regard des autres changerait s’ils venaient à savoir que, oui, j’aime les hommes.

    « Je dis pas que c’est disgracieux ou quoi, parce qu’au contraire, je trouve ça très cool, mais ça t’en fais un paquet maintenant. » Jón avait dû voir mon hésitation, et enchaina donc. Je souri presque, heureux que, quelque part, il me trouve « cool ».

    J’allais ouvrir la bouche et inventer un mensonge bidon quand une jeune femme ouvrit brusquement la porte des toilettes des hommes. Elle était jeune, passablement soûl, et je me rappelais l’avoir vue dans le groupe de filles qui se tenait près du bar quelques minutes auparavant. Elle tenait une bouteille de bière dans sa main et peinait à marcher, mais elle se dirigea vers nous, visiblement heureuse de nous voir.

    « Heyyyy, les mecs ! Je voulais justement vous proposer un truc à troiiiiis, ca vous diiiit ? » Sa voix était aigüe, elle criait presque, de peur qu’on ne l’entende pas. Elle est venue jusqu’à notre niveau et elle entoura nos épaules de ses bras. J’étais toujours torse nu, une inconnue me proposait un plan à trois, et c’était particulièrement embarrassant, mais je n’avais pas à répondre à la question de Jón.
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MessageSujet: Re: show u a shot   Jeu 29 Avr - 18:23

    Alors que Franz semblait envisager de me répondre, le battant de l’entrée s’ouvrit avec précipitation, laissant entrer l’amie de mon patron que j’avais salué plus tôt dans la soirée. Les yeux voilés, elle paraissait avoir du mal à distinguer clairement ce qui se trouvait devant elle et tituba un instant sur ses jambes graciles. Un réflexe instinctif et plutôt involontaire me fit me mouvoir à demi vers elle pour tenter de l’immobiliser, mais elle se retint de manière étonnamment vive à la bordure en bois avant même que je l’atteigne. Un éclat de rire insolite franchit ses lèvres tandis qu’elle s’exclamait :

    « Heyyy, les mecs ! Je voulais justement vous proposer un truc à troiiis, ca vous diiiit ? »

    L’une des filles qui l’accompagnait tout à l’heure se tenait derrière elle, l’agrippant par les épaules en s’efforçant de la faire reculer, lui hurlant des mots dont j’avais du mal à saisir le sens. Avec une moue dubitative, je fis un geste à Franz, espérant qu’il comprenne que par là j’aspirais à ce que l’on sorte des toilettes. J’hésitais un instant, non pas à accepter la proposition faite, mais à proposer de raccompagner la camarade d’Agnar chez elle pour éviter un quelconque accident, puis finalement j’enterrais cette idée et la bousculais très légèrement pour qu’elle s’écarte.
    Une fois de retour dans le bar, je restais apathique le temps de quelques secondes. Le groupe qui se présentait tout à l’heure jouait maintenant « Thank You », de Led Zeppelin, et je trouvais ça triste. Je croisais les bras sur ma cage thoracique et fis une grimace de mécontentement. Le propriétaire des lieux sortit de son réduit en me dévisageant, puis, remarquant mon expression, il haussa les épaules, comme s’il s’excusait d’avoir accepté les performances ringardes de cette meute incompétente et stérile.

    « If the sun refused to shine, I would still be loving you, if the mountains should crumble to the sea, there would still be you and me. »

    Expirant en incluant toute ma pitié et ma fatigue dans un même bruit, je me retournais finalement, me rappelant la présence de Franz. Tout en remuant la tête de gauche à droite, je lui dis :

    « Tu veux trinquer ? »

    Je me sentais subitement las, et après m’être aperçu de l’état de certains clients du bar, je ressentais, approximativement, la tentation de faire comme eux.

    « Je peux, genre, payer, t’as vu. » Dis-je en haussant les épaules.
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MessageSujet: Re: show u a shot   Ven 30 Avr - 16:30



    La phrase de la jeune femme resta en suspens dans l’air, et elle n’obtint pas de réponse. Car pour ma part, je n’allais pas accepter, et parce que Jón avait l’air plus qu’exaspéré. Son amie continuait de crier des mots incompréhensibles derrière elle, s’accrochant à ses épaules pour éviter la chute. La première allait se jeter dans nos bras quand Jón les bouscula légèrement et sortit des toilettes. Je l’ai suivi, peu enthousiaste à l’idée de devoir me trainer ces deux filles toute la soirée. J’ai pu entendre les deux jeunes femmes s’écrouler au sol, puis appeler à l’aide en gloussant. Cela me rappelait pourquoi je n’aimais pas les filles : toujours bruyantes, en retard ou au téléphone. La plupart d’entre elles sont aussi vantardes, et n’admettent pas que, désolé c’est la vérité, les filles ne tiennent pas l’alcool. Ma grand-mère maternelle boit régulièrement depuis 20 ans et pourtant, elle continue de se déshabiller dés la cinquième gorgée. True Story.

    Le groupe jouait « Thank you », pendant que la salle riait, ne s’occupant pas de sa performance minable, et de sa prétention à jouer de grands classiques. Les rires des jeunes femmes résonnaient encore dans ma tête, et je suivi Jón jusqu’à ce qu’il se tourne vers moi.

    « Tu veux trinquer ? » Il a fait une pause, regardant autour de lui. Tous les clients buvaient, leurs joues devenaient un peu plus roses au fur et à mesure que l’heure avançait. « Je peux, genre, payer, t’as vu. »

    J’ai souri et j’ai hoché la tête. Je me suis dirigé vers le comptoir en vérifiant qu’il me suivait bien. Maintenant qu’il s’était proposé pour payer, je n’allais pas le laisser partir. Ses tatouages coutaient tout de même assez cher, et ainsi il devait bien avoir les moyens de payer deux ou trois bières à son presque-ami et client fidèle.
    Je me suis assis face au bar comme un peu plus tôt et Jón s’est installé à côté de moi. Je me suis adressé au barman, un léger sourire aux lèvres.

    « Deux bières s’il vous plait, et c’est lui qui paye. » Je montrai Jón du doigt, avant de me tourner vers lui. Le barman a posé nos bières face à nous et j’ai attrapé la mienne d’un geste lent, calme. J’ai dirigé ma bouteille vers lui, silencieux, baissant légèrement les yeux pour signifier un « Santé ! » qui s’est avéré vague, plutôt que joyeux. J’étais heureux d’être là, avec Jón à mes côtés, cependant l’alcool et la fatigue s’emparaient déjà de moi, suite aux quelques bières que j’avais prises avant de retrouver le jeune homme. J’avais envie de boire un peu plus, au point de ne plus voir devant moi, de parler à Jón et oublier combien il m’est inaccessible.

    « Le dernier qui a fini monte sur la scène et se charge de dire aux andouilles qu’ils jouent moins bien que ma grand-mère. »


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MessageSujet: Re: show u a shot   Sam 1 Mai - 22:35

    Franz m’a adressé un sourire, approuvant mon projet. Prenant les devant, il s’est dirigé d’un bas confiant vers l’endroit du comptoir où nous étions déjà auparavant. Nous nous sommes installés, et je passais une main dans mes cheveux d’un air soucieux. Je tentais de me souvenir de l’état dans lequel l’abus d’alcool me mettait, mais j’avais vraisemblablement quelques difficultés. Il fallait dire que ça ne m’arrivait qu’en de rares occasions. Je ne voyais d’ordinaire pas l’utilité d’oublier ses problèmes de cette manière. Mais ce soir, j’étais d’avis de faire abstraction de chacun de mes principes pour me consacrer à un dynamisme négligé depuis trop longtemps.

    « Deux bières s’il vous plait, et c’est lui qui paye. » Garantit Franz.

    J’exhalais une espèce de rire et croisais les bras sur ma poitrine. Je ne pouvais pas dire que j'étais fortuné, certes mon travail me rapportait pas mal d’argent mais il me suffisait à peine pour pouvoir payer la partie de mon loyer, l’autre étant assurée par ma colocataire. D’ailleurs je n’en aurais pas eu si j’avais eu plus de parts sur les recettes de la boutique de tatouages. J’étais forcé de mettre mes quelques talents de musicien au service du bar pour pouvoir réellement me faire plaisir de temps en temps, comme ce soir, par exemple. Finalement le barman a posé les bouteilles devant nous et je lui ai fais un léger signe pour lui faire comprendre que je le payerai plus tard. En réalité je n’avais plus de liquide sur moi après la première bière que j’avais consommée et j’allais de toute manière revenir demain pour me produire une nouvelle fois sur la scène, ce qui impliquait que j’avais le temps de le dédommager. Franz et moi avons effectivement trinqué, dans un silencieux ‘santé’ que je lui souhaitais cependant réellement, puis j’ai commencé à boire. Et tandis que j’avalais ma première gorgée, mon interlocuteur s’est écrié :

    « Le dernier qui a fini monte sur la scène et se charge de dire aux andouilles qu’ils jouent moins bien que ma grand-mère. »

    Cette réplique m’a rappelé des psychoses adolescentes, alors que mes camarades de lycée et moi nous amusions à critiquer à longueur de temps les groupes ringards que composaient quelques uns de nos congénères. Cependant je devais avouer que me lancer à corps perdu dans le défi me tentait plus que de raison. Quelques semaines auparavant, je m’étais querellé avec la bassiste de la bande parce qu’ils avaient oublié de répéter avant de venir et qu’ils avaient rendu les clients encore plus furieux qu’ils ne le sont d’ordinaire lorsqu’ils commencent à jouer leur musique. J’attrapais la main de Franz dans la mienne et la serrais d’une pression virile, un sourire arrogant sur les lèvres.

    « C’est ok Franz, moins bien que ta grand-mère, j’ai pigé. »

    Je le lâchais, et avalais quelques nouvelles gorgées avant de reprendre mon souffle et de m’essuyer la bouche du revers de la main. Pris d’une frénésie incompréhensible, je commandais deux verres de vodka, sans doute en prévision pour la suite.
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