AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 « Qui peut le plus, peut le moins. »

Aller en bas 
AuteurMessage
Slóann
Edmond-René a le thorax touffu
avatar

Messages : 105
Inscrit(e) le : 25/04/2010
Pseudo/Prénom : Kaomyllah

VOS PAPIERS
Occupation: Garagiste, pêcheur, mannequin
Adresse: Impasse Epli ; 17 - B
Affinités:

MessageSujet: « Qui peut le plus, peut le moins. »   Jeu 29 Avr - 20:29

Une clope. Il lui en fallait un TOUTDESUITE. Vous me direz, qu’est-ce-que Slóann fichait-il en bas de l’hôpital d’Akureyri à un peu plus de trois heures du matin ? & pourquoi avait-il un bandage immaculé qui lui maintenant la poitrine ? & bien, je vais vous expliquer, moi. La veille au soir, il avait décidé de sortir avec des amis, histoire de passer le temps. Après avoir fait quelques bars pour se décoincer un peu, ils avaient pris la direction d’une des boîtes de nuit de leur si jolie petite ville – c’est ironique. Là, Slóann avait, comment dire, bien profité. Manque de chance, dans cette même boîte, il y avait un groupe de gas. Vous savez, ces types qui ne se déplacent qu’en bande de dix, de peur de se perdre. Le genre gros bras et – très – homophobes. Le genre très mauvais pour Slóann quoi. Mais vous savez, c’est un garçon têtu qui n’a pas froid aux yeux. Alors ce genre de mec, il les emmerde. Peut-être un peu trop même. Quoi que cette fois là, il n’y est pour rien. Vraiment ! Il ne les a pas cherchés, pas insultés. Parce qu’habituellement voyez, il aime bien s’avancer vers eux, un verre à la main, & faire accidentellement tombé le liquide que contenait le verre sur l’entrejambe d’un des gas du groupe. De quoi à les faire gentiment mousser. Mais là, même pas. Il était tranquille, au bar, quand il a sentit une présence dans son dos. Une présence assez massive, en fait. Quand j’vous disais gros bras… Il s’est lentement retourné, & ô surprise ! Certainement le leader de la bande qui se tenait là, face à lui, un sourire méprisant aux lèvres. Ah oui, précisais-je, ivre mort bien sûr. Ce type de mecs sont soit ivre, soit… ivre. Le gringalet avait tant bien que mal tentait de rester poli, durant les… 45 premières secondes. Oui, il n’est pas réputé pour sa patience, ca se saurait. & puis, en à peine un quart de seconde, s’était parti.

LE BALEZE ▬ Eh les mecs ! V’nez donc voir qui qu’est là… ( Vous remarquerez avec quelle subtilité & quel tact ils manient l’art du language… ) C’est l’pédé ! Pire, v’savez quoi ? Il est bi !

Il éclata d'un rire gras, bruyant.

LE BALEZE ▬ Il était t'll'ment pas sûr d’avoir un'chance avec l’un d'deux s… sex… sexes ! Qu’il tente 'vec l'deux !

Nouveaux rires de brutes. Slóann leva les yeux au ciel dans un signe de lassitude désespéré. Alors, le balèze se pencha en chancelant vers lui, & lui souffla de son haleine putride.

LE BALEZE ▬ On va t’faire ta fête l'blaireau ! La prison comparait à nous, c’rien…

Slóann esquissa un sourire moqueur. La prison. Ils n’avaient pas la moindre idée de ce que c’était que la prison. Pas la moindre. La lueur, habituellement joviale, qui pétillait au fond des prunelles d’ébène, sembla s’assombrir. Son regard impassible se voila, & l’étincelle qui l’illuminait sembla se faire plus dure, sauvage, dangereuse. Pourtant le jeune homme ne quitta pas son sourire. & à son tour, il se pencha vers monsieur muscle, & lui susurra de sa voix douce, rendue rauque par son long silence.

SLÓANN ▬ Eh ducon, je te parie la nuit qui va suivre que tu vas regretter ce que tu viens de dire.

Son sourire s’élargit, enjoué, confiant, menaçant. Il n’en fallait pas plus à soit disant grand dur pour se mettre à s’étouffer, éructant tout sa haine en crachotant d’indignation. Il devint rouge, tandis que Slóann restait immobile, accoudé au bar, guettant. Ses muscles saillants bandés, son corps fin tendu, en attente. Enfin, le coup partit. Le leader avait repris ses esprits, & avait balancé avec toutes les forces dont il était capable son poing vers le visage toujours souriant du gringalet. Celui-ci n’eut aucun mal à l’éviter, vu la lenteur du geste. Presque deux ans en prison, vous savez, ça vous forge des réflexes. Slóann est devenu plus fort, plus habile, plus rapide, plus agile, plus précis, plus puissant, plus ingénieux. Meilleur. Au combat s’entend. Sinon, il est vrai que la prison, ça peut vous détruire un homme. Ou du moins le changer radicalement. Le jeune homme saisit dans le mouvement le poigné du type tandis qu’il s’écartait pour se protéger du prochain coup, & l’entraina avec lui dans sa rotation, tandis qu’un sinistre craquement raisonna dans le silence qui s’était installé dans la boite. Puis sans attendre, sans lui laisser la possibilité de réagir à ça, Slóann fit une prise plus violente, plus musclée de celle qu’on surnomme ‘ le policier ’. C'est-à-dire que le bras du balèze se retrouve dans son dos, son poigné cassé entre ses omoplates. Le jeune homme appuya avec un certain sadisme dessus, jusqu’à entendre le type lâchait un faible gémissement, les yeux fermés. Alors, il appuya un peu plus fort encore, & le mec grogna, geint, pleurnichant. Satisfait, Slóann le relâcha brusquement en le poussant sur le comptoir, se retournant vers le reste de la bande. Un d’eux se jeta subitement sur lui, & les deux hommes roulèrent ensemble par terre, renversant des tabourets, tandis que plusieurs hurlements de filles horrifiées se faisaient entendre. Slóann tenta de maîtriser l’inconnu, ses yeux de braise plantaient dans ceux de son agresseur. Ils luttèrent ainsi, jusqu’à que Slóann prenne le dessus. Il enfonça avec un plaisir non dissimulable son genoux dans ce que le type considérait comme ce qu’il avait de plus précieux, c'est-à-dire dans son entrejambe, se recula légèrement & lui assena un violent coup dans la nuque avec l’arrête de sa main. L’homme hurla, & s’écroula, inerte. C’est à ce moment là que Slóann sentit qu’on le soulevait. Un homme, encore plus grand que les deux précédents, le soulevait littéralement de terre. Le jeune homme ne se débattit pas plus que ça, attendant le bon moment. Ce qu’il n’avait pas prévu, mais alors pas du tout, c’est le couteau que tenait l’étranger. La lame, fine, aiguisée, tranchante, luisait sous les spots de la boite. Un sourire cruel déforma la face de l’individu en un rictus répugnant. & ce n’est qu’alors que la lame pénétrait sa chair, que Slóann comprit. Comme une piqûre. Au niveau du cœur. Le type enfonça un peu plus le couteau, comme pour chercher dans son corps, trifouiller. Le gringalet lui, ressentit alors pleinement la douleur. Fulgurante, écrasante, insupportable. Un hoquet se coinça dans sa poitrine, tandis que pendant quelques secondes, tout devenait flou, sombre. Puis il revint à lui, car le type tournait la lame, cherchant un peu plus la souffrance du jeune homme. Souffrance qui terrassa une fois de plus Slóann. Pourtant celui-ci resta conscient. Il trouva même la hargne nécessaire pour se défendre. D’un puissant coup de pied dans le tibia, suivit d’un bruit sourd, le type le lâcha en couinant. Sans attendre, tant qu’il en avait la force, Slóann balança avec toute sa colère son poing dans la figure du type, dans un magnifique crochet du droit. On entendit juste les os se brisaient, tandis que le mec tombait en arrière, le nez en sang, laissant au passage trois dents devant le jeune homme. Libre, il était libre. Slóann tituba vers l’arrière, & rencontra un tabouret encore debout, où il prit appuit. Le reste de la bande était interdit. Le gringalet porta sa main droite à son épaule, & sentit le liquide chaud qui s’écoulait de sa poitrine. Il grimaça, jeta un dernier regard aux trois hommes à terre. L’un avait le poignet cassé et l’omoplate déboité, un autre avait ses bijoux familiaux sacrément abîmé, & le dernier avait le tibia fendu, & le nez cassé, ainsi que quelques dents, & certainement l’os de la mâchoire un peu abîmé, aussi. Alors, enfin, Slóann relâcha sa respiration car il venait de remarquer que jusqu'alors, il était en apnée, & s’évanouit.
Se laisser envahir par la douleur. Se laisser submerger par la souffrance. Ne surtout, surtout pas lutter. C’était inutile. Slóann le savait. Ca n’arrangeait rien, au contraire. Le jeune homme s’était réveillé à l’hôpital, seul. Lorsque l’infirmière lui ordonna de rester tranquille, le gringalet la questionna sur ce qu’il était advenu des autres. Elle lui apprit que l’un des trois était encore en soin intensif, & que les deux autres s’en remettaient doucement, à l’aide de morphine. Un sourire triomphant illumina les traits fatigués & abîmés du jeune homme. Sourire auquel répondit l’infirmière, sans pouvoir s’en empêcher. Il avait deux côtes fêlées, la main droite bien bousillée, un bon paquet de bleus & de coupures un peu partout, & surtout, une cicatrice de plus près du cœur. On lui avait fait douze points de suture, & on lui avait bandé la poitrine. Rien n’avait été touché, par chance. On lui prescrivait de la morphine, des calmants, & beaucoup – beaucoup – de repos. Ce que, vous vous en doutez, Slóann ne risquait pas de faire. D’un naturel énergique, il avait du mal à tenir en place en étant calme. Alors quand il était excité, ou énervé comme maintenant, vous pensez bien… C’est pour cela qu'une fois que l'infirmière de nuit chargée de lui était venue contrôler que tout allait bien, le jeune homme avait profité de son départ pour lui aussi filer en douce. Il avait traversé tout l’hôpital, simplement vêtu d’un jean, de ses éternelles dock-martins, son blouson de cuir balancé sur son épaule droite. N’emportant avec lui que ses clopes. Une fois dehors, il avait sorti une cigarette, l’avait allumé, & l’avait porté à sa bouche. Au bout de plusieurs taffes, & de plusieurs minutes, le tremblement de ses mains se calma un peu. Ses muscles se relâchèrent, libérant la tension continue qu’il exerçait jusqu’alors inconsciemment sur son corps épuisé. Le jeune homme ferma les yeux, & s’appuya très légèrement sur le mur juste à côté de l’entrée de l’hôpital. Il grimaça de douleur lorsqu’il sentit une pique de souffrance enflammait ses veines, puis tira une autre bouffée, qui apaisa le tout. Enfin, un petit sourire flotta sur le coin de ses lèvres. & il se murmura comme pour lui-même, d'une voix rauque.

SLÓANN ▬ J't'avais bien dit qu'tu l'regretterais.


Dernière édition par Slóann le Jeu 29 Avr - 22:08, édité 6 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elma
Ursule-Bérangère mange ses crottes de nez.
avatar

Messages : 95
Inscrit(e) le : 26/04/2010

VOS PAPIERS
Occupation: serveuse/concierge
Adresse: 8B impasse Epli
Affinités:

MessageSujet: Re: « Qui peut le plus, peut le moins. »   Jeu 29 Avr - 21:55

« Nan mais réponds moi honnêtement. Je dépasse pas les bornes, si ? - ... - Oui je sais aller rendre visite à une fille hospitalisée juste pour savoir si son frère est libre c'est mal mais ce que je veux savoir c'est si, par exemple, j'te dégoute. - ... - Non ? Parfait alors ! Bisou, bisou, je t'aime tout ! »

Elma raccrocha prestement le combiné de son super téléphone fixe, copie conforme de l'exemplaire de la série sept à la maison dont elle était particulièrement fière. Maintenant qu'elle avait le pseudo aval de Franz, elle pouvait partir en quête d'informations le coeur plus léger. La fille a qui elle allait faire une visite de courtoisie s'appelait Ana, âgée de quatorze ans, elle était en surpoids, possédait un visage disproportionné et venait de se faire opérer des amygdales. Elle avait cependant l'avantage d'être la soeur d'un mec plutôt attrayant. Depuis qu'elle l'avait croisée dans une boutique du centre, Elma était devenue son modèle dans la vie. Une fille qui enchaine les mecs comme les dosettes de café, ça force le respect. Elma enfila sa petite robe de fille bien comme il faut qui s'arrête juste au dessus des genoux, coiffa ses longs cheveux et après avoir étalé la couche de fond de teint réglementaire, elle quitta enfin son appartement, direction hôpital toute. Vingt minutes et quelques coups de klaxons plus tard à l'encontre de sa jolie petite smart vert pomme, la jolie blonde se trouvait assise sur une chaise moche et inconfortable face à un visage fatigué mais non moins émerveillé.

« Alors on est vraiment amies, dis ? Genre tu m'apprendras comment me faire les ongles, on se confiera nos secrets et ... »
« Ouais bien sur tout ça. Ca va tes amygdales ? Enfin le vide à la place quoi. »
« Ben en fait ce matin c'était un peu dou... »
« Tant mieux ça me fait plaisir. Et ta famille ça va ? Ton frère, genre ? »
« Ouais. Mais j'te disais qu'en fait c'était un peu douloureux et du coup j'peux manger que des yaourt nature zéro pour cent de l'hôpital. »
« Ah ouais. »

Ellipse de trois heures.

« ... et du coup après elle m'a dit que mon appareil dentaire était rouillé. Tu comprends, j'ai pas pu laisser passer ça. Alors j'lui dis ... »
« Excusez-moi mademoiselle mais il se fait tard, je vous ai laissé un peu plus de temps puisque notre petite Ana semble apprécier votre compagnie mais il va falloir y aller maintenant. » intervint subitement une petite infirmière, sortant Elma de sa torpeur.
« Hein ? Quoi ? Il est quelle heure ? »
« Près d'une heure du matin mademoiselle. »
« C'EST UNE BLAGUE ? Ana, il faut me dire, ton frère, ça va hein ? Il est pas genre malade, ou j'sais pas moi ... seul ? solitaire ? en manque de compagnie ? »
« Il va très bien. C'est gentil de t'inquiéter pour lui Elmy. Bonne nuit et reviens vite hein ! »

Ni une ni deux, Elma se retrouva bientôt poussée vers la sortie après qu'on l'ai priée de ne pas allumer sa cigarette à l'intérieur. Elle ne pu réprimer un frisson, seule, dans l'obscurité, les yeux fixés sur le petit point incandescent qu'elle approchait de temps à autre de ses lèvres.

« Elmy ... Putain de merde. »

Ses yeux s'habituant peu à peu à la pénombre, elle remarqua bientôt qu'elle n'était pas seule. Son premier reflexe fut de fouiller dans son sac pour dénicher son couteau suisse jusqu'à ce qu'elle remarque que la silhouette ne lui était pas inconnue. Elle s'approcha prudemment et reconnut bientôt le visage de Slóann, dans un état plus que préoccupant.

« Je peux savoir ce que tu fous là ou il va falloir que je devine ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Slóann
Edmond-René a le thorax touffu
avatar

Messages : 105
Inscrit(e) le : 25/04/2010
Pseudo/Prénom : Kaomyllah

VOS PAPIERS
Occupation: Garagiste, pêcheur, mannequin
Adresse: Impasse Epli ; 17 - B
Affinités:

MessageSujet: Re: « Qui peut le plus, peut le moins. »   Jeu 29 Avr - 22:26

Slóann sursauta. Ce timbre féminin, léger, envoûtant. Il le connaissait bien. & l’entendre ici, avec lui dans cet état, était bien la dernière chose qu’il souhaitait. Se décollant promptement du mur, mouvement qui lui arracha un faible gémissement qu’il tenta de dissimuler avec un sourire / grimace, le jeune fit face à la blondinette. Pourtant, impossible de ne pas remarquer sa position quelque peu tordu par la douleur, ni sa pâleur mortelle. Ses yeux, encore plus cernés que d’habitude – les drogues n’aident pas à avoir un jolie teint – examinèrent Elma. Car c’était bien Elma, là, devant lui. Elma & lui c’est… compliqué. Ils sont amis, pour sûr. Mais ça va au-delà. C’est étrange quoi. Enfin, ayant repris contenance, Slóann engueula de sa voix douce & rocailleuse la demoiselle. Oui, c’est tout ce qu’il avait trouvé pour éviter de répondre à sa question…

SLÓANN ▬ Elmy ? Putain mais qu'est-ce-que tu fous là à c'te heure-ci ? Tu devrais pas être là !

Il faillit rajouter un « rentre chez toi » mais il avait peur qu’Elma le prenne mal. Oui, peur. Elle était précieuse pour lui, c’est ce qui lui permettait de garder son sang-froid quand ça va mal, ce qui lui permettait de ne pas appuyer sur la détente quand il avait le flingue collé à la tempe. Elma quoi. & elle était du genre susceptible, parfois. Quoi qu’il n’est pas trop à se plaindre. Il était un des rares qu’elle supportait pleinement, sans préavis. & pourtant Dieu sait que tout aurait pu les opposer ! Mais non. Elle l’avait accepté, sans conditions, entièrement. & leur duo était pour le moins… surprenant. Le jeune homme fixait intensément la blondinette de son regard si déstabilisant, quoi qu’à sa vue, il s’était adoucit. On ne pouvait pas lui résister. Lui encore moins que les autres. C’était... C’était Elma, non de Dieu ! Surtout que ce soir, elle était délicieuse. Elle avait voulu se la jouer fille sage, avec une robe qui lui arrivait presque aux genoux. Oui presque ! Dire que Slóann l’avait vu simplement en petite culotte en train de se trémousser habilement sur un mec. Cette pensée arracha un sourire énigmatique au gringalet. Elma, quoi. Pourtant, il ne la lâcha pas de ses yeux si clairs, qui prenaient des reflets argentés à la lueur des rayons fantomatiques de la lune. Mais il garda aussi son léger sourire. & comme pour combler le silence, le jeune homme se passa une main dans son épaisse tignasse encore trempée de la douche que les infirmières lui avaient donnée, qui s’égouttait en dégoulinant sur ses épaules. Geste qui, quoi que habituel chez lui, vu les circonstances, lui fit tourner la tête tant la douleur qui irradia fut violente. Alors il laissa mollement son bras retombé, dépité.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elma
Ursule-Bérangère mange ses crottes de nez.
avatar

Messages : 95
Inscrit(e) le : 26/04/2010

VOS PAPIERS
Occupation: serveuse/concierge
Adresse: 8B impasse Epli
Affinités:

MessageSujet: Re: « Qui peut le plus, peut le moins. »   Ven 30 Avr - 13:17

Elma ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel. Même dans un état critique, il s'inquiétait encore pour elle. Elle scruta un moment son visage et effleura ses blessures sans toutefois oser les toucher tout à fait. Son regard trouva ensuite le large bandage qui enserrait son torse et cette vision acheva de l'inquiéter totalement.

« J'te préviens, cette fois tu t'en sortiras pas comme ça ! Qui t'a fait ça ? Et me dis pas que t'es tombé dans un escalier ou une connerie du genre hein, j'ai plus douze ans. Dis-moi qui, j'vais les trouver et leur faire regretter d'être sortis du vagin de leur mère à ces enfoirés ! »

La plupart du temps, et surtout lorsqu'elle était en colère, Elma n'avait pas vraiment conscience de ses propres limites. Les situations particulièrement injustes réveillaient son instinct de super-héro et lui donnaient envie d'enfiler son super costume pour rendre la super justice, même si le slip par dessus le collant, elle n'était pas pour. Fort heureusement, elle avait aussi une chance hors du commun et c'était peut-être grâce à elle qu'on ne lui avait pas encore administré une bonne correction. Plus elle observait son visage tuméfié et plus une rage sourde semblait grandir en elle. Il y avait un sacré paquet de branleurs à Akureyri. Elle n'était pas dupe, ce genre de passage à tabac avait forcément un rapport avec la sexualité élargie de son pote : chose qu'elle avait du mal à concevoir puisqu'elle passait le plus clair de son temps avec des homos. En réalité, elle avait même pensé à rentrer dans le club elle aussi après une énième dispute avec Loyd, mais avait vite conclu que sa tendance à avoir des rapports extrêmement conflictuels avec les filles ne l'aiderait pas à avoir une vie amoureuse stable.
Ces considérations qui la ramenaient toujours immanquablement à sa petite personne calmèrent quelque peu ses ardeurs et son désir de vengeance laissa place au besoin de voir Slóann dans un lit, au chaud et en sécurité.

« Et puis c'est toi qui ne devrait pas être là. Elles prennent du crack les infirmières ici ou quoi ? Allez viens on rentre. Imagine qu'un autre cinglé se pointe, j'pourrais me mettre à chialer tu sais. » menaça t-elle à moitié en affichant un sourire angélique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Slóann
Edmond-René a le thorax touffu
avatar

Messages : 105
Inscrit(e) le : 25/04/2010
Pseudo/Prénom : Kaomyllah

VOS PAPIERS
Occupation: Garagiste, pêcheur, mannequin
Adresse: Impasse Epli ; 17 - B
Affinités:

MessageSujet: Re: « Qui peut le plus, peut le moins. »   Ven 30 Avr - 17:02

Elle l’effleura du bout des doigts, arrachant un long frisson au corps épuisé du jeune homme. Il y avait trois raisons à ce frisson. La première était sans doute le fait que même ça, c’était douloureux. La deuxième, qu’il était torse-nu en pleine nuit, & qu’on était en Islande, pas en Australie. La troisième était parce que c’était Elma. & que Slóann était très sensible à tout contact physique. Il fuma encore plusieurs taffes avant d’écraser négligemment sa clope par terre du bout du pied. Le gringalet ne l’avait pas quitté de ses yeux si clairs. Elle était belle, comme d’habitude, éclairée par les pâles rayons fantomatiques de la lune. Il sourit avec douceur. Comme s’il pouvait lui mentir. Il avait essayé, ne croyez pas. Mais Elma, contrairement aux idées reçus, était bien plus perspicace que la plupart des gens. Seulement, dans un style différent. C’était chacun son tour, de s’inquiéter et de s’énerver pour l’autre. Aussi le jeune homme ne répondit-il pas aux remarques de son amie. Pas pour l’instant. Il préféra obtempérer en la suivant à l’intérieur de l’hôpital. Alors il prit le relais, & la conduisit discrètement jusqu’à sa chambre. Si jamais ils venaient à se faire surprendre, s’en était finit d’eux. Enfin, une fois à l’abris dans la petite pièce propre et désencombrée qu’il avait fermé à clé, Slóann s’autorisa à se relâcher. Il était avec Elma, tout allait bien. Il alla s’assoir avec difficultés sur le lit, ou plutôt se laissa faiblement tombé. Il baissa la tête, n’osant pas regarder la blondinette dans un tel moment de faiblesse. Ses mains avaient recommencé à trembler, ainsi que tout son corps : l’après-choc. Il attendit quelques minutes que ca passe, puis releva enfin son visage aux traits fins & anguleux. Un petit sourire s’y dessina, tandis qu’il soupira. Enfin, il répondit.

SLÓANN ▬ J’me suis chargé de leur régler leur compte, t’en fais pas. Quant aux infirmières… Comment tu crois que j’obtiens mes doses ?

Il laissa échapper un petit rire. C’était ironique, bien sûr. Ces doses, il les avait comme il le pouvait. Mais le simple fait de rire l’essouffla, & il dut brusquement s’arrêter tant la tête lui tournait. Tout devenait flou, sombre. Il ferma fort les yeux, en espérant que ça passe & reprit doucement ses esprits. Lorsqu’il rouvrit ses paupières elle était là, en face de lui, la mine soucieuse.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elma
Ursule-Bérangère mange ses crottes de nez.
avatar

Messages : 95
Inscrit(e) le : 26/04/2010

VOS PAPIERS
Occupation: serveuse/concierge
Adresse: 8B impasse Epli
Affinités:

MessageSujet: Re: « Qui peut le plus, peut le moins. »   Lun 3 Mai - 23:51

Elma le remercia silencieusement de ne pas faire de difficultés et ils s'engouffrèrent tous les deux à l'intérieur. La jeune femme essayait de se faire la plus petite possible. Si jamais la bonne samaritaine en blouse blanche la rechopait à l'intérieur, Elma ne donnait pas cher de sa jolie peau, surtout que l'infirmière en question avait des bras de camionneur et le mono-sourcil qui va avec. Une fois en sécurité dans la chambre (ou cellule, rayez la mention inutile), Elma le laissa s'installer avant de se faire une petite place à côté de lui. Elle osait à peine le toucher, craignant de le casser en deux ou quelque chose du genre. D'autant qu'il s'était brusquement mit à trembler et que son visage était devenu aussi blanc que sa chambre. Elle ignora sa plaisanterie, trop préoccupée par son état ... ouais, préoccupant. Un instant, il ferma les yeux, quelques secondes tout au plus et Elma crut qu'il ne reviendrait jamais plus parmi les vivants. Elle voyait leurs instants de vie communs passer devant ses yeux : la rencontre, ses remontrances, ses menaces pour les types qui avaient osé la négliger, ses caprices à elle de petite fille et puis bordel, elle se disait que non, décidément, le noir ne lui seyait pas au teint, qu'elle ferait tâche à son enterrement et qu'elle ne voulait pas qu'il meure. C'est au moment où elle s'apprêtait à lui briser les tympans qu'il ouvrit à nouveau les yeux et qu'elle eu tout le loisir de se sentir immensément cruche.

« Tu sais que j'te déteste parfois. » essaya t-elle posément, genre moi-flipper-tu-rigoles, mais trahie par sa voix chevrotante. « Qu'est-ce que tu veux ? Que j'te paye un garde du corps super baraque ? Que je fasse moi-même la protection rapprochée ? J'suis une quiche en judo. »

Elma ne pu s'empêcher de rire. Slóann était plutôt chétif dans son genre, mais il avait le mental d'un rugbyman. Il aurait pu se battre contre une armée entière en fait. Alors curieusement, quand il était là, elle se sentait en sécurité. Il l'avait toujours considéré comme une petite chose fragile qu'il fallait protéger de ce monde de brutes viles, sales et cruelles. Elle avait à nouveau huit ans et elle aimait ça. Même hors service, Slóann veillait sur elle comme un grand frère et ça, c'était sacrément précieux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: « Qui peut le plus, peut le moins. »   

Revenir en haut Aller en bas
 
« Qui peut le plus, peut le moins. »
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» bébé bouge différemment...et chez vous?
» La collaboratrice peut-elle travailler plus que la titulaire?
» peut on manger du hareng frais ou cuit fumé??
» Congés parental ??? Qui peut m'expliquer
» Ce que la maman ne peut manger pendant l'allaitement

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
This town works backwards :: NOUS CONNAISSONS LA VILLE PAR COEUR :: Hôpital d'Akureyri-
Sauter vers: