AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 faut souffrir pour être loyale - Jón

Aller en bas 
AuteurMessage
Elma
Ursule-Bérangère mange ses crottes de nez.
avatar

Messages : 95
Inscrit(e) le : 26/04/2010

VOS PAPIERS
Occupation: serveuse/concierge
Adresse: 8B impasse Epli
Affinités:

MessageSujet: faut souffrir pour être loyale - Jón   Jeu 29 Avr - 23:05

A un moment ou un autre, il faut payer de sa personne pour mener à bien les projets qui nous tiennent à coeur. Elma n'arrêtait pas de ressasser cette phrase stupide dans sa tête sur le chemin qui la conduisait immanquablement chez ce tatoueur répugnant. Etait-elle vraiment obligée de faire ça ? Techniquement non. Mais sa conscience d'amie fidèle lui criait qu'elle ne pouvait pas se dégonfler, pas maintenant qu'elle avait opté pour une pie sur la cheville droite. Franz lui avait soufflé l'idée un soir de beuverie. Le même Franz pour qui elle s'infligeait cette torture. Et le pire dans toute l'histoire, c'était qu'il n'était même pas au courant du mal qu'elle se donnait. D'un autre côté, quelque chose lui disait que si il l'apprenait, il risquait d'avoir une furieuse envie de la décapiter ou une réjouissance dans le genre. Comme d'habitude, il avait fallu qu'elle fourre son nez partout et dès lors qu'il s'agissait de son meilleur ami, elle était encore plus intriguée. Il fallait à tous prix qu'elle cerne ce type : Jón. Jusque là, elle n'avait récolté que des informations basiques et peu intéressantes : vingt cinq ans, assistant chez un tatoueur douteux, plastique sympathique et un attrait développé pour la musique. En bonne assoiffée de connaissances ô combien essentielles, il lui en fallait plus. Elle avait bien pensé aller l'aborder un soir au bar mais la musique, la foule et l'état d'ébriété ambiant était peu propice aux confidences. Du coup elle s'était bornée à l'observer de loin, ce qui, elle le concevait aisément, devait paraitre un peu flippant à force.

Soupirant un grand coup, elle poussa la porte et essaya tant bien que mal d'accrocher un joli sourire sur ses lèvres. Elle ne tarda pas à repérer Jón et pria intérieurement pour que le proprio des lieux bizarre ne pointe pas le bout de son nez.

« Salut. Heu ... j'suis passée la semaine dernière pour l'oiseau chelou sur ma cheville. J'avais vu ça avec votre ... collègue. Il m'a dit aujourd'hui. Elma Aldnýdottir. »

Elma avait peur de flancher. Elle savait qu'elle s'était confiée une mission importante, qu'elle devait la remplir coute que coute mais cet endroit crade la faisait flipper un max. L'idée qu'une aiguille qui provenait d'un trou pareil puisse attaquer sa jolie peau claire la rendait malade. Elle essayait tant bien que mal d'oublier toutes les photos dégueulasses de tatouages ratés qu'elle avait dénichées sur Google resserra ses doigts autour de son petit sac rouge. Après tout Franz il y allait à tout bout de champs lui, et il en était pas encore mort hein ! Le type avait l'air un peu surpris : fallait croire qu'elle n'était pas la cliente type de la maison.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jón
Louis-Ferdinand, tu pues.
avatar

Messages : 228
Inscrit(e) le : 05/04/2010
Age : 27
Crédits : Sterling
Pseudo/Prénom : BRAINS

VOS PAPIERS
Occupation: Tatoueur, Musicien.
Adresse: 12A Impasse Epli.
Affinités:

MessageSujet: Re: faut souffrir pour être loyale - Jón   Ven 30 Avr - 0:39

    « Les aveugles ont souvent un excellent sen… Agnar ? »

    Je regardais à droite, puis à gauche. Pourtant engagé dans notre conversation, qui traitait avec passion des sens plus développés que la moyenne des aveugles, mon patron s’en été allé sans même prendre la peine de me le dire. Je haussais les épaules. Habitué à ses caprices indéchiffrables, je reprenais mes activités. Ces dernières étant consacrées au rangement de croquis dans des cahiers classeurs en plastique et à la désinfection d’outils divers. Alors que je reposais un flacon dont le contenu était devenu trouble avec le temps, j’entendis distinctement le bruit de la porte d’entrée. Délaissant mon occupation, je sortais de l’arrière-boutique et me présentais à ma troisième, ou quatrième cliente de la journée. Malgré notre mauvaise réputation, les gens venaient toujours, sans se bousculer toutefois. Cette dernière était blonde, grande, son regard semblait craintif mais je n’y fis pas réellement attention, et m’avançais vers elle avec un sourire des plus engageants.

    « Salut. Heu ... j'suis passée la semaine dernière pour l'oiseau chelou sur ma cheville. J'avais vu ça avec votre ... collègue. Il m'a dit aujourd'hui. Elma Aldnýdottir. »

    Sans répondre, je prenais la direction d’une sorte de bureau aménagé dans un coin, et feuilletais l’album des rendez-vous. 14H30 : Elma, était rédigé à la date d’aujourd’hui par l’écriture fine et penchée d’Agnar. Je préférais ne pas relever le fait qu’elle avait cru comprendre que ce dernier était un collège et non un patron, sans que je parvienne à m’expliquer pourquoi, je n’avais pas envie qu’elle me considère comme un subordonné incapable, inférieur hiérarchiquement parlant. Je hochais la tête avec approbation.

    « Ouep, c’est ok. Va me falloir un peu plus de détail que ‘oiseau chelou’ si c’est bien ce que t’as dis. Installe-toi… là. » Dis-je en riant, tout en lui indiquant de mon doigt pointé le siège qui me servait à asseoir les clients lorsque je les tatouais.

    « C’est quoi, genre ? Une cigogne, un aigle ? Un corbeau ? »

    Tout en la questionnant, je feuilletais quelques croquis, histoire de voir si je n’étais pas capable de retrouver moi-même un modèle correspondant, mais j’attendais cependant qu’elle me réponde. Après un instant de recherche, je me dirigeais à nouveau vers elle, une mine que je voulais stimulante scotchée sur le visage. J’attrapais au passage le désinfectant, ainsi que le dermographe, et m’arrêtais à sa hauteur.

    « Uhm, c’est des questions de routine, désolé mais, je dois savoir. Est-ce que t’es sous traitement médical, alcoolique, toxicomane… enceinte ? Le sida, peut-être ? Est-ce que tu peux relever ton pantalon s’il te plait ? »

    Je la fixais, à peine conscient que le débit de mes questions avait peut-être semblé trop rapide. J’attrapais la machine et l’actionnais une seconde pour m’assurer qu’il fonctionnait toujours correctement, et c’était le cas, les pointes se déplaçaient toujours aussi rapidement de haut en bas. Remarquant qu’elle me scrutait avec ce qui ressemblait à de l’inquiétude, je lui souris calmement, m’asseyant en tailleur par terre, juste devant elle, posée sur le siège.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elma
Ursule-Bérangère mange ses crottes de nez.
avatar

Messages : 95
Inscrit(e) le : 26/04/2010

VOS PAPIERS
Occupation: serveuse/concierge
Adresse: 8B impasse Epli
Affinités:

MessageSujet: Re: faut souffrir pour être loyale - Jón   Ven 30 Avr - 13:50

Elma se détendit quelque peu lorsqu'elle comprit que ce serait bel et bien le plus présentable et surtout le plus intéressant des deux qui tiendrait l'aiguille. Il fallait à tout prix qu'elle se décoince et qu'il ai envie de lui parler, histoire qu'elle puisse se pointer chez Franz le soir-même et lui donner un avis objectif avant de fuir rapidement et d'éviter les objets contondants qu'il ne manquerait pas de lui jeter à la tronche. Elle s'installa dans le siège que Jón venait de lui indiquer, remonta le bas de son pantalon comme un bon petit soldat et sourit, un peu plus naturellement cette fois.

« J'voudrais une pie, pas trop grande, avec genre le bec ouvert et l'oeil vif. C'est une allégorie de moi-même. Moi j'sais pas exactement ce que ça veut dire, tout ça c'était l'idée de mon meilleur ami. Lui il a l'habitude, il en a partout des tatouages. Sur n'importe qui d'autre, j'crois que j'trouverais ça carrément laid mais lui, j'sais pas. Sans ses tatouages il aurait l'air à poil même habillé. Enfin bref, du coup, t'as du saisir le truc de la pie toi aussi. J'suis en pleine santé, j'ai pas de souci majeur avec l'alcool, enfin la plupart du temps. Le sida ça va aussi et la drogue j'y touche pas par principe. Pour ce qui est d'avoir un gosse, franchement à vingt-deux, ça serait pas l'idée du siècle, surtout que j'suis relativement irresponsable comme nana, c'est triste à dire mais c'est la vérité. Dis ça va faire mal, bruler, piquer ou un truc du genre ? Une amie à moi m'a dit que ça faisait comme des griffures de chaton. »

Elma se mordit la lèvre inférieure. Comme d'habitude, elle ne pouvait pas s'empêcher de partir dans des discussions interminables. Point positif : elle avait réussit à placer Franz dans la conversation au bout de deux minutes à peine mais il avait fallu qu'elle s'étende sur sa petite vie une fois de plus. Elle décida de rester silencieuse pendant quelques minutes histoire de compenser et pencha la tête pour fixer le plafond tout en essayant de compter les tâches d'humidité. Le bruit de la machine qu'il enclencha brièvement la fit sursauter et elle se maudit à nouveau intérieurement d'être aussi cruche dans un moment si crucial. Il s'assit en face d'elle et lui sourit à nouveau. Au moins ce type avait le mérite d'être sympa, attentionné même, et c'était un truc à mettre dans la colonne des plus.

« C'est ... comment dire ? Pittoresque ici. » dit-elle en faisant un tour du propriétaire depuis son fauteuil. « J'comprend pourquoi Franz traine ici à longueur de journée. »

A croire que le stress ne l'aidait pas à être subtile.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jón
Louis-Ferdinand, tu pues.
avatar

Messages : 228
Inscrit(e) le : 05/04/2010
Age : 27
Crédits : Sterling
Pseudo/Prénom : BRAINS

VOS PAPIERS
Occupation: Tatoueur, Musicien.
Adresse: 12A Impasse Epli.
Affinités:

MessageSujet: Re: faut souffrir pour être loyale - Jón   Lun 3 Mai - 19:36

    Alors qu’elle relevait docilement le bas de son pantalon comme je l’avais enjointe de le faire, j’attrapais d’un geste familier sa chaussure et la lui retirais, avant de replier une partie de sa chaussette sur son talon. Tout en enfilant des gants en latex souples, je l’écoutais me faire la conversation. Parfois les clients éprouvaient ce besoin irrépressible de bavarder de choses et d’autres, tandis que certains se confessaient sans y penser vraiment, et je me contentais d’écouter en hochant la tête de temps à autre, avec sympathie et humanité. Elma disait qu’elle comptait se faire tatouer une allégorie d’elle-même : une pie. Je l’analysais brièvement, en tentant de m’imaginer quel genre de fille elle pouvait être. Cette annonce sous-entendait qu’elle était bavarde, si ce n’était irrespectueuse, mais elle avait ce visage si envahi de bienveillance et de générosité que j’avais quelques peines à me faire une idée précise de son comportement. Lorsqu’elle se mit à mentionner son meilleur ami, et le fait qu’il était apparemment couvert de tatouages, je ne pus m’empêcher de faire le rapprochement avec quelques uns de mes clients qui avaient eux-aussi cette manie là, mais plus en particulier l’un d’entre eux, dont on ne distinguait plus à présent que d’infimes parcelles de peau lorsqu’il retirait ses vêtements. Elle me rassura ensuite sur les quelques questions de routine que je lui avais posées et j’empoignais avec délicatesse sa jambe avant d’examiner avec toute la minutie dont j’étais capable la texture de son épiderme. Je passais mes doigts sur sa cheville, scrutant avec patience cette dernière, tandis qu’Elma achevait sa tirade sur une question légitime.

    « Dis ça va faire mal, bruler, piquer ou un truc du genre ? Une amie à moi m'a dit que ça faisait comme des griffures de chaton. »

    Je relevais la tête vers elle, les sourcils arqués.

    « En réalité tout dépend de l’endroit, de la taille… » Dis-je en haussant les épaules.
    « Mon dernier client a opté pour quelque chose qui faisait à peu près… toutes ses côtes, argumentais-je en mimant la taille avec mes mains, et apparemment, ça aurait été le même effet si je lui avais enfoncé des couteaux dans le corps pendant deux longues heures. » Affirmais-je en lâchant un soupir las, ne m’imaginant pas une seconde que cette confession pouvait un tant soit peu la décourager.

    « C'est ... comment dire ? Pittoresque ici. » Dit-elle.

    Je levais les yeux, regardant dans la même direction qu’elle, ce qui m’amena à me souvenir de la présence de dizaines de taches suspectes un peu partout, sur les murs, le plafond, les meubles. Je retenais quelques plates excuses et me contentait d’esquisser un sourire poli autant qu’elle l’avait été en ne faisant aucune remarque désobligeante.

    « J'comprend pourquoi Franz traine ici à longueur de journée. »

    A l’entente du prénom Franz, je tendais le cou. Celui que j’avais mentionnée intérieurement tout à l’heure et ledit Franz ne faisaient en réalité qu’une seule et même personne. De plus il me semblait qu’il ne vivait à Akureyri qu’un seul et unique individu portant ce nom. Je lui souris de plus belle.

    « Oh, Franz, ouais, tu le connais donc ? C’est vrai qu’il est tout le temps là, j’ai du mal à comprendre cette passion qu’il a… » Conclus-je avant d’enduire la cheville d’Elma de désinfectant. Un liquide froid, aux odeurs métalliques.

    Tandis que je frottais énergiquement, j’entendis la porte de derrière s’ouvrir et se refermer doucement, me laissant comprendre qu’Agnar était de retour. Le rideau qui séparait l’arrière boutique et la boutique en elle-même s’agita un instant, puis, un bruit de cannette que l’on ouvre se fit entendre. Je me grattais l’arrière du crane, espérant qu’il ne me rejoindrait pas. J’étais toujours plus stressé lorsque je travaillais en sa présence.

    « D’ailleurs je crois qu’il est venu, uhm, avant-hier ? J’ai oublié quel était le dernier tatouage, en fait. J’oublie à chaque fois. Mais c’est un type cool, on parle bien. » Ajoutais-je avant de hocher la tête d’avant en arrière.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elma
Ursule-Bérangère mange ses crottes de nez.
avatar

Messages : 95
Inscrit(e) le : 26/04/2010

VOS PAPIERS
Occupation: serveuse/concierge
Adresse: 8B impasse Epli
Affinités:

MessageSujet: Re: faut souffrir pour être loyale - Jón   Mar 4 Mai - 21:41

Des couteaux enfoncés dans le corps pendant deux heures. Elma lui aurait bien fait remarqué que pour le coup, il aurait été délicat de sa part de s'abstenir, mais après tout, elle avait posé la question, elle n'avait qu'à s'en prendre à elle-même. Un oiseau de rien du tout sur la cheville, ça se rapprocherait plus du chaton que de la lame aiguisée non ? Si. Heureusement ils changèrent vite de sujet pour en venir au fait, ce pourquoi Elma s'était déplacée en dépit de son angoisse croissante. Elle fut agréablement surprise de constater que son sourire s'était élargit à l'évocation de Franz. C'était un bon point, il aurait très bien pu grimacer ou carrément se mettre à vomir après tout. Elle frissonna imperceptiblement au contact du liquide froid qu'il venait d'appliquer sur sa cheville. Il s'agissait de le conforter dans son idée que Franz était un type cool, sans en faire des caisses tout en n'influençant pas ses réponses, histoire de savoir vraiment ce qu'il en était. Il fallait qu'elle ai l'air détendue, ouverte d'esprit et drôle sans être stupide pour qu'il ai envie de lui parler. Peut-être qu'elle pourrait même lui faire un peu de charme, mais il ne s'agissait pas non plus qu'il croit qu'elle avait débarqué dans sa boutique dans l'unique but de le draguer ouvertement. Le métier de commère à plein temps n'était pas de tout repos et demandait d'étranges facultés psychologiques qu'Elma possédait ou du moins croyait posséder. Ce n'était pas qu'elle était calculatrice ou fourbe : ces travers demandaient plus de finesse qu'Elma n'en aurait jamais. Elle était juste particulièrement déterminée à tout savoir sur tout le monde alors, à force, elle avait développé une technique relativement efficace.

« Ouais il aime bien recouvrir sa peau de trucs bizarres. Je crois que mis bout à bout, tous ses tatouages racontent une histoire, mais y'a que lui qu'arrive à la décoder. Ca doit être ça qui lui plait. Enfin j'en sais rien, je le connais pas tant que ça. » ajouta t-elle dans un léger sourire. « Moi j'aurais peur que l'encre finisse par diluer ma peau à force et de flétrir comme une vieille pâquerette à l'agonie. »

Considération ô combien pertinente.

« Ah ouais ? Il te parle à toi ? Tu dois être privilégié. Moi il m'a fallu des années avant de lui faire cracher un simple "Pas de mayo sur mes oeufs mimosa." : ce qui entre nous, est complètement con. J'suis pas chef cuisto mais n'importe qui sait que les oeufs mimosa sans mayo, c'est plus des oeufs mimosa. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: faut souffrir pour être loyale - Jón   

Revenir en haut Aller en bas
 
faut souffrir pour être loyale - Jón
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» tous se quil faut savoir pour construire un poulailler
» Astuce pour remplacer les bougies de préchauffage
» combien de temps pour evacuer le produit de la peridurale ?
» Ce qu'il faut savoir quand on a besoin de béquilles
» combien de temps pour visiter le parc?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
This town works backwards :: NOUS CONNAISSONS LA VILLE PAR COEUR :: Agnar Tattoos-
Sauter vers: